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Le tango entre la CAQ et l'ADQ fait les délices des médias depuis quelques mois. De ce qui filtre, l'ADQ est divisée sur cette fusion possible. Regardons donc les enjeux en se metttant dans les souliers des protagonistes.

La position de la CAQ

Le but d'un parti politique est d'arriver au pouvoir. Pour ce faire, il doit attirer le vote d'un certain nombre de ''clientèles''. Les clientèles visées par la CAQ sont:

1. Les péquistes fatigués de Pauline.

2. Les libéraux déçus de Charest.

3. Le vote de l'ADQ de 2007,une clientèle cherchant un exutoire à son ras-le-bol, la même qui a voté NPD en mai.

L'ADQ dans tout cela ? Et bien elle est prisonnière de ses (courageuses) propositions de centre-droit du passé ! en effet, les trois clientèles désirées vivraient mal avec les propositions adéquistes quant aux syndicats  ou la privatisation partielle d' Hydro-Québec de la nouvelle ADQ. Voyez la possible couverture médiatique suite à une fusion : ''Mr Legault, cautionnnez-vous la position de Gérard Deltell et de l'ADQ sur tels et tels points''. Et vice-versa pour Deltell: ce serait médiatiquement intenable. Les anciennes positions de l'ADQ seraient un repoussoir pour la clientèle 1, les péquistes fatigués de Pauline, mais qui ne seront pas fatigués de Duceppe s'il se présente.

Mr Legault peut voir l'ADQ comme un allié potentiel, mais il sait que c'est aussi un adversaire potentiel. Il a stratégiquement tout intérêt à laisser trainer les choses jusqu'en janvier. Octobre, novembre et décembre sont 3 bon mois pour le financement des partis politiques. Or, qui va envoyer un chèque à l'ADQ dans la situation actuelle ? Les gens de droite n'ont plus confiance et les pro-CAQ vont plutôt envoyer leur chèque directement à la CAQ. Il peut ainsi ,s'il le veut, axphysier l'ADQ.

Puis en janvier , la CAQ pourra ''gober'' les adéquistes un à un sans s'encombrer du programme adéquiste difficile à vendre à ses clientèles. Les députés, anciens ou actuels, de l'ADQ pourraient ainsi adhérer à la CAQ sans avoir à défendre simultanément l'héritage de Mario Dumont.

La position de l'ADQ

Une stratégie intelligente pour l'ADQ auraient été de donner une image d'unité et de fermeté derrière les idées défendues par le parti, quitte à négocier en catimini un rapprochement possible avec la CAQ.

Or, on a fait le contraire ! Trois députés sur quatre ont roucoulé aux premiers pas de la CAQ attirant l'attention médiatique, pendant que réellement aucune négociation n'était en cours...Disons que ça affaiblit une position de négociation !....

Lors du dernier conseil général, l'ADQ était divisé en deux clans: les autonomistes de l'ère Allaire et les partisans du centre-droit ayant choisi l'ADQ comme véhicule. Il est clair que les premiers sont prêt à sauter dans l'aventure CAQ. Il est clair aussi que les seconds n'iront pas avec Legault, et encore plus clair que Legault ne les veut pas.

Conclusion

Il est évident que c'est la CAQ et Legault qui ont la main maintenant. Ce sont donc eux qui dessineront le chemin qu'ils voudront prendre, et avec qui ils vont le prendre. Et comme les mariages gauche-droite sont illusoires, on peut penser que la CAQ accueillera les individus mais leur demandera de laisser leurs anciens cahiers de propositions à la maison....